Epoux, témoins, amis, famille, durant la journée de mariage, vous aurez à prendre la parole afin de faire un discours sur l’amour et destiné aux mariés. Que vous soyez croyants ou laïques, certains textes vous touchent et résonnent en vous. La célébration de votre amour, le mariage, qui vous unie pour la vie à l’être le plus aimé au monde, mérite tout votre amour et votre attention.

Afin de vous aider dans la préparation de vos vœux de mariage ou de votre lecture, voici quelques contes et textes laïques et religieux qui pourront vous inspirer et/ou que vous pourrez choisir.

 

Liste des textes :

- Le conte de l’amour et du temps – auteur inconnu

- Accepter la différence – Roger Garaudy

- La légende des âmes sœurs – Platon

- Pourquoi on se marie ? - Martin Gray

- Je voudrais – Serge Roy

- Le mariage – Jacques de Bourbon-Busset

- L'amour - Martin Gray

- In her shoes - E.E Cumings

 

 

Le conte de l’amour et du temps – auteur inconnu

Il était une fois, une île sur laquelle vivaient tous les sentiments et toutes les valeurs humaines : le Bonheur, la Tristesse, l’Orgeuil, la Sagesse…. Ainsi que toutes les autres, y compris l’Amour.

Un jour, on annonça que l’île allait être submergée et donc disparaitre. Tous les sentiments préparèrent leurs embarcations et s’enfuir, tous, sauf l’Amour qui resta sur l’île jusqu’au dernier moment. Juste avant que l’île ne disparaisse complètement, l’Amour décida de demander de l’aide.

 La Richesse passa près de l’Amour dans un magnifique bateau en or et pierres précieuses et l’Amour lui dit :

- « Richesse, peux-tu m’emmener ? »

- « Je ne le peux pas » répondit-elle, « J’ai beaucoup trop d’or et d’argent dans mon bateau et il n’y a plus assez de place pour toi. »

Et elle s’en alla.

 

 Alors, l’amour décida de se tourner vers l’Orgueil qui passait lui aussi dans un bateau gigantesque :

- « Orgueil, je t’en prie, emmène-moi. » implora l’Amour

- « Je ne peux pas t’aider Amour. Tu es tout mouillé et tu risquerais de salir mon bateau. »

Et il passa son chemin.

 

 La Tristesse étant juste derrière le bateau de l’Orgueil, l’Amour lui demanda :

- « Tristesse, je t’en prie, laisse-moi venir avec toi. »

- « Oh Amour », répondit la Tristesse, « je suis si triste que j’ai besoin de rester seule… »

Et elle s’en alla elle aussi.

 

 Le Bonheur passa aussi à côté de l’Amour, mais il était si heureux qu’il n’entendit même pas l’Amour l’appeler.

 

 Soudain, une voix dit :

- « Viens Amour, je t’emmène avec moi. » C’était un vieillard qui avait parlé.

L’Amour était si heureux qu’il s’empressa de lui suivre et en oublia de lui demander son nom. Arrivés sur la terre ferme, le vieillard s’en alla comme il était venu. L’Amour se rendit compte combien il lui était redevable et il demanda au Savoir :

- « Savoir, peux-tu me dire qui est celui qui m’a aidé ? »

- « C’est le Temps », lui répondit le Savoir.

- « Le Temps ? », demanda l’Amour. « Pourquoi le Temps m’aurait-il aidé ? »

 Alors, le Savoir lui répondit :

- « Parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans la vie. »

 

 

 

 

Accepter la différence – Roger Garaudy

L’amour commence lorsque l’on préfère l’autre à soi-même, lorsqu’on accepte sa différence et sa liberté.

Accepter que l’autre soit habité par d’autres présences que la nôtre, n’avoir pas la prétention de répondre à tous ses besoins, à toutes ses attentes, ce n’est pas se résigner à l’infidélité à notre égard, c’est vouloir, comme la plus haute preuve d’amour, que l’autre soit d’abord fidèle à lui-même.

Même si cela est souffrance pour nous, c’est une souffrance féconde parce qu’elle nous oblige à nous dépendre de nous-mêmes, à vivre intensément cette dépossession enrichissante : dans la plus amoureuse étreinte, c’est un être libre que nous étreignons, avec tous ses possibles, même ceux qui nous échappent.

 

La légende des âmes sœurs – Platon

Dans Le Banquet, Platon décrit un dîner au cours duquel, Aristophane expose le mythe des âmes sœurs, le voici.

Jadis, rapporte Aristophane, il y avait les dieux dans le ciel et les humains sur terre. Mais nous, les hommes n’avions pas du tout l’apparence physique qui est aujourd’hui la nôtre. Nous avions alors une tête, mais à deux visages, quatre jambes et quatre bras – l’union parfaite, en d’autres termes, de deux êtres ne formant qu’un. Chacun ayant le partenaire idéal cousu à lui-même, nous étions heureux. Créatures à deux visages et à huit membres, parfaitement comblées, nous nous déplacions sur la terre de la même façon que les planètes voyagent à travers les cieux sans heurts. Nous ignorions le manque, nous n’éprouvions aucun désir qui ne soit satisfait : nous ne désirions personne. Il n’y avait ni conflit, ni chaos. Nous étions un tout.

Mais, dans notre complétude, nous devînmes exagérément insolents et, notre orgueil nous poussa à négliger d’honorer les dieux. Le tout puissant Zeus nous punit de cette négligence : il coupe par la moitié tous les êtres à deux visages et à huit membres. Il créa ainsi un monde de misérables créatures cruellement divisées qui n’avaient plus qu’un seul visage, deux bras et deux jambes. Par cette action, Zeus infligea à l’humanité la plus douloureuse des conditions : éprouver en permanence une pénible sensation d’incomplétude. Nous, humains, naîtrions désormais avec le manque de notre moitié perdue, que nous aimions presque plus que nous-mêmes, et qui se trouvait quelque part sous la forme d’une autre personne. Nous naîtrions également persuadés que, en nous donnant la peine de la chercher inlassablement, nous pourrions peut-être un jour retrouver cette moitié perdue. C’est là le fantasme singulier de l’intimité humaine : imaginer que 1+1 puisse un jour égaler 1.

 

Pourquoi on se marie ? – Martin Gray

Certains croient que le temps n’est plus au mariage. Qu’il suffit de vivre l’un avec l’autre sous le même toit pour que l’union soit réelle et qu’on peut ainsi, quand le temps de l’amour a cessé, se séparer, recommencer.

La vie serait ainsi une suite d’expériences que jamais le mariage ne viendrait sanctionner. Certains pensent même que le mariage est inutile, alors que des enfants naissent, et que la mère ou le père peut très bien, seul, si leur union se défait, élever les enfants.

Le mariage ne serait qu’une vieille coutume à abolir et dont ne seraient plus victimes que les naïfs. J’ai dit que je voulais préserver la naïveté et je veux aussi défendre le mariage. Il faut qu’à un moment donné ton engagement soit total, conclu pour l’éternité. Il faut que tu croies cela. Et c’est pourquoi, j’aime que le mariage soit un sacrement, un symbole qui dans les religions, quelles qu’elles soient, a une importance capitale.

Car le mariage est un moment de la vie. Si tu multiplies ces unions sans significations sacrées, elles ne seront jamais que des rencontres sans avenir. Tu n’auras pas pris le risque, tu n’auras pas parié.

Le mariage est ce risque et ce pari qui t’obligent à aller jusqu’au bout de tes sentiments. Tu peux alors éprouver quelle est leur valeur. Et l’autre le découvre aussi. Le mariage n’est donc pas un simple acte social. Il est cérémonie sacrée, moment où tu entres en harmonie avec un ordre du monde. Accomplis cet acte avec gravité. Entre dans le mariage comme si tu commençais une nouvelle vie. Et c’est une nouvelle naissance pour toi. Tu vas vivre à deux.

 

Je voudrais - Serge Roy

Je voudrais que notre mariage ne soit pas la conclusion mais l’introduction d’une merveilleuse réalité.

Je voudrais que jamais il ne devienne la chaîne qui retient, mais qu’il soit et reste notre liberté et celle de nos enfants, qu’il soit la lumière de notre vie et de la leur, qu’il soit la chaleur qui réchauffe et que l’on retrouve chaque jour avec une joie grandissante.

Je ne veux pas t’aimer avec des grandes phrases faites de grands mots, avec de l’amour et des toujours qui ne durent jamais.

Je voudrais que nous vivions notre amour non pas sur ce qu’il est, mais sur ce que nous allons en faire à travers le quotidien.

A travers les choses les plus banales, je voudrais qu’il trouve sa réelle dimension.

Je ne veux pas d’amour rejetant qui me ferait oublier les autres pour ne voir que toi.

Je ne veux pas susciter de haine ni de jalousie : notre amour doit être une joie pour tous.

Il nous est donné le droit d’apporter la vie : consacrons la joie de cette journée et de toutes les autres au respect de la vie, la vie de tous nos frères, par-delà les frontières et leurs drapeaux, symboles de tant de guerres, faites de tant de sang, de souffrances et de larmes, par-delà les races et les couleurs.

Nous voulons que dans notre cœur chacun trouve la place et l’amour qui lui revient afin de nous aimer en chacun d’eux.

 

Le mariage – Jacques de Bourbon-Busset

Le mariage est un amour fou ou il n’est rien.

L'amour durable, ce n'est pas l'amour qui se maintient,

C'est l'amour qui grandit avec le temps.

Dans une telle aventure qui peu à voir avec l'institution conjugale, tout, chaque jour se vit comme pour la première fois.

Il n'y a peut être pas d'amour conjugal, mais il y eu un amour nuptial et c'est le plus grand.

Cet amour est sans retour, inconditionnel, à toute épreuve.

Il engage contre vents et marées tout le corps et tout l'esprit.

Quand un mariage est illuminé par cette fidélité dynamique, il devient le lieu d'une expérience mystique à l'état sauvage.

Les époux vivent dans l'absolu vit en eux. L'alliance de leurs deux angoisses crée un espace d'espoir.

Utopie ? Sans doute mais c'est la plus réaliste de ces utopies que de vouloir faire durer le vertige, selon la loi secrète de l'univers qui est que les obstacles sont des moyens, que le continu se nourrit du discontinu, que l'union naîtra de la différence.

L'amour le plus fou est dans le mariage car un mariage vrai ose s'affirmer devant Dieu et devant les hommes que vivre, c'est avant tout aider cet autre à vivre.

 

L’amour – Martin Gray

L’amour n’est jamais contrainte, il est Joie, Liberté, Force.

C’est l’amour qui tue l’angoisse, là où l’amour manque naissent l’angoisse et l’ennui !

L’amour est emportement ! L’amour est enthousiasme ! L’amour est risque !

N’aiment pas et ne sont pas aimés ceux qui veulent épargner, économiser leurs sentiments.

L’amour est générosité ! L’amour est prodigalité ! L’amour est échange !

Qui donne beaucoup reçoit beaucoup car, en fin de compte, nous possédons ce que nous donnons !

Aimer n’est pas mutiler l’autre, le dominer, mais l’accompagner dans sa course, l’aider,

Savoir accepter l’autre tel qu’il est, être joyeux du bonheur qu’il trouve !

L’aimer dans sa totalité pour ce qu’il est, l’aideur et beauté, défauts et qualités !

Voici les conditions de l’amour, de l’entente,

Car l’amour est vertu d’indulgence, de pardon et de respect de l’autre.

 

In her shoes - E.E Cumings

J’ai toujours ton cœur avec moi (je le garde

dans mon cœur) sans lui jamais je ne suis

(là ou je vais, tu vas et tout ce que

je fais par moi-même est ton fait)

 

Je ne crains pas le destin (car tu es à jamais le mien)

je ne veux pas d’autre monde, car (tu es mon monde,

mon vrai…) tu es tout ce que la lune a toujours

voulu dire et tout ce que le soleil chantera

 

C’est le secret profond que nul ne connaît

(c’est la racine de la racine le bourgeon du bourgeon

et le ciel du ciel d’un arbre appelé vie qui croît plus

haut que l’âme ne saurait l’espérer ou l’esprit le cacher)

c’est la merveille qui maintient les étoiles éparses

 

Je garde ton cœur (je l’ai dans mon cœur)